• Hortus Domaisèla

Hortus : un jardin accueillant la biodiversité... mais pas que !


Un modèle qui ne sort pas de nulle part


Markus GASTL* s'est inspiré de nos anciens, des paysans à une époque où il n'y avait ni engrais de synthèse ni d'immenses machines fonctionnant au pétrole. A l'époque, on utilisait les forêts et les haies pour freiner le vent, retenir les sols, pour en extraire du bois et des brindilles, etc. Aujourd'hui, on parlerait de "services écologiques".



Bien évidemment, ces espaces étaient les lieux de vie de nombreux animaux sauvages. Ensuite, il y avait des endroits aux sols plus maigres, non adaptés à la production agricole et où les paysans laissaient paître les animaux de ferme, et produisaient également le foin nécessaire à leur alimentation. Et puis les champs productifs pour les légumes et céréales, fertilisées avec les fumiers et lisiers des animaux.







Aujourd'hui, peut-on transposer ce modèle ?


Selon Gastl, cette agriculture traditionnelle se caractérisait par 6 critères essentiels : Diversité, Utilité, Beauté (mais oui !), Circuit fermé, Durabilité écologique, Créativité. En transposant ce modèle dans son propre jardin, il a rebaptisé ces 3 espaces classiques en :

  • Zone Tampon, une zone protectrice composée de haies, d'arbres, d'arbustes le plus possible indigènes

  • Zone Hotspot, une zone non fertilisée voir maigre avec une biodiversité augmentée, tant végétale qu'animale

  • Zone de Production, production de fruits et de légumes.


Le tout étant émaillé d'éléments auto-construits comme les pyramides de pierres, les tas de bois mort, des nichoirs pour abeilles, caveaux pour coléoptères, etc. Voir HABITATS.

Gigantesque habitat bois mort dans un Hortus


Bien évidemment, dans ce sanctuaire pour insectes et autres animaux libres, pas d'engrais de synthèse, pas de produits en -cide.



Ce qui est génial dans ce concept c'est qu'un hortus en 3 zones fonctionne en circuit fermé. Inutile de chercher ou d'acheter des intrants*.

Je roule des boudins de mulch avec la fauche de la Zone Hotspot

Pour la Zone de Production, on utilisera la biomasse extraite de la Zone Hotspot - la fauche - qui servira de mulch, se décomposera en humus, protègera le sol du dessèchement et de l'érosion. Pour compléter cela, le fumier des animaux - au Hortus Domaisèla ce sont les poules - et le compostage des toilettes sèches.


En même temps, ce type de jardin constitue l'espace vital pour un grand nombre d'insectes (je ne les classe pas en nuisibles et auxiliaires) et de plantes indigènes qui vivent essentiellement dans la Zone Tampon et la Zone Hotspot. Cet équilibre proie-prédateur qui s'installe en cycles bénéficie à la bonne santé des plantes nourricières que je cultive.

Petite Zone de production et quelques insectes. Hortus Vivus

Par quoi commencer ?


La première chose que nous conseillons est de faire connaissance avec son propre jardin. Faire sérieusement connaissance ! Beaucoup de nouveaux "Hortusiens" commencent par dire : il n'y pousse rien. Rien, vraiment ? Donc : observer, prendre le pouls de cet espace, se pencher sur l'évident comme sur le tout petit. Alors, qu'est-ce qu'il y pousse ? Qui vit ici ? Malheureusement, beaucoup de jardins aujourd'hui sont quasiment morts. En tous les cas plus morts que vivants, c'est triste à dire. Le gazon est tondu à ras, les feuilles mortes soufflées, les plantes exotiques sont taillées, mutilées, les rosiers sont des créations horticoles fragiles, les plantes clonées, etc. Du point de vue de la biodiversité, c'est un non-sens absolu.

Pavillon - photo Casey Hugelfink

Il y aura peut-être un oiseau qui nichera dans la haie de thuya, mais il sera obligé d'aller se nourrir ailleurs...







Faire un inventaire et ... ouste du balais !

Après avoir fait l'inventaire de l'existant, vient le moment du choix et de la séparation. Cela peut être difficile... Pour beaucoup de personnes, c'est même trop demandé.


Quand je me retrouve dans un jardin et que je dis aux habitants : pour plus de biodiversité, ce gazon pourra être remplacé par une zone de fleurs sauvages, par un Hotspot, cette haie de Laurier-Amande devrait laisser la place à des fruitiers locaux et à des arbustes indigènes, et cette rose horticole pourrait céder la place à un rosier à fleurs simples, en général ils s'écrient : "Mais... mes petit-enfants ont besoin du gazon pour jouer, cette haie est un brise-vue parfait et ces roses sont de vrais bijoux et puis c'est tante Agathe qui les a plantées !!! " Là, des décisions claires s'imposent. Est-ce que je veux vraiment un jardin de biodiversité, un sanctuaire pour le Vivant, un jardin accueillant pour les insectes et par là-même faire ma part pour la Nature ? Oui ? Alors, ce genre d'éléments doit disparaître et être remplacé. Aujourd'hui ou demain, selon les possibilités de chacun. C'est pour le mieux !

Hortus - photos Markus Gastl

*Markus Gastl, voir sa présentation : https://www.hortus-france.org/markus-gastl * intrants : ressources extérieures, comme par exemple acheter de la paille ou des copeaux de bois pour mulcher, ou des engrais etc


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