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L'abeille qui avait un joli pantalon

En septembre, j'observe de nombreuses abeilles qui volent au ras du sol et creusent des trous. Peut-être des halictidés, c'est la saison. Ce sont des abeilles terricoles, c'est-à dire qu'elles vont nicher dans une cavité qu'elles creusent elles-même dans la terre. Autant dire qu'il vaut mieux que ce soit un endroit sablonneux, le nec plus ultra c'est un monticule, une berge ensoleillée avec peu de végétation. Saviez-vous que 70% des abeilles sont terricoles? Leur existence est menacée car l'humain à tendance à détruire leur habitat naturel, que ce soit en bétonnant les berges, en passant le motoculteur ou en supprimant les talus sauvages. Dans un Hortus, nous pouvons les inviter à venir en installant des tas de sable un peu argileux et en ne les dérangeant pas. La bonne hauteur est d'un mètre minimum car leurs galeries font de 20 à 60 cm. La végétation doit rester courte. Ce sont d'infatigables creuseuses (oui, ce sont les femelles qui bossent) et même si elles vivent en bourgade d'une centaine de nids, chaque abeille fait sa vie, creuse la galerie, et récolte pollen et nectar pour sa descendance. Une de ces abeilles est assez facilement reconnaissable, c'est Dasypoda hirtipes, l'abeille à pantalon qui vole de juillet à septembre. Lorsqu'elle a fini de récolter le pollen et le nectar des astéracées jaunes (épervière, pricride, porcelle et pissenlit) avec ses grosses brosses de récolte - son joli pantalon - et de les mélanger, elle pousse le raffinement jusqu'à poser la boulette ainsi obtenue sur un petit trépied, sans doute afin qu'elle soit à l'abri de la moisissure. Puis elle ferme la cellule, recommence quelques fois pour ce nid... et ne verra jamais sa progéniture.

Photo : Creative Commons