• Hortus Domaisèla

Hortus Mandala dans les Deux-Sèvres

Delphine Depeigne est la conceptrice du Hortus Mandala à Aiffres (79) : "Mon cheminement vers une démarche Hortus a été long et part d’une allergie à un ensemble d’adjuvant pendant ma dernière grossesse qui m’a amenée à regarder le contenu des étiquettes des produits que j’achetais. J’ai ensuite décidé de cultiver mes propres légumes et d’orienter mes achats vers du bio local.

Bien entendu, mon premier potager a été envahi de prédateurs et je n’ai pas pu me résoudre à utiliser des pesticides, je ne voulais pas ceux du secteur marchand, ce n’était pas pour y en mettre d’autres. Je n’ai donc pas mangé grand-chose ces premières années !! J’ai alors décidé de m’intéresser aux concepts de la permaculture et c’est dans ce cadre que j’ai découvert le réseau Hortus.

En 2016, nous avons acheté une nouvelle maison qui est bâtie sur un terrain de 8 000m², une ancienne prairie à vaches, bien azotée, une terre bien argileuse et hydromorphe.



C’est là que j’ai créé mon 1er potager en permaculture sur buttes rondes en créant un espace de production beau, productif et organisé. Le Mandala jardin.


C’est un potager circulaire de 200m² qui se divise en 20 pétales abritant chacun des cultures différentes.



J’ai choisi de faire moi-même mes semis (surtout ceux de printemps) pour les légumes et aussi pour les fleurs. L’année dernière, nous avons acquis une petite serre traditionnelle en verre, un petit havre de paix en hiver dès lors qu’un petit rayon de soleil sort le bout de son nez. J’ai beaucoup travaillé les associations fleurs légumes dans le but de réguler les prédateurs du potager notamment et dans un souci d’esthétique aussi. Je suis toujours à la recherche de nouvelles graines, de nouvelles plantes, c’est un grand plaisir que j’assouvis plutôt en hiver quand il fait froid et humide.


Chemin au Hortus Mandala

Aucun pesticide n’entre dans ce jardin, il se régule maintenant plutôt bien après 2 années atroces d’invasion de limaces et de campagnols affamés. Il faut dire que l’arrivée d’un couple de chouettes Chevêches qui est venu nicher dans la grange a bien limité les populations.

Autour du Mandala, nous avons choisi de ne tailler la prairie qu’une ou deux fois par an. Nous le faisons encore avec un tracteur mais avons fait l’acquisition d’une faux cette année. J’espère que Pascal deviendra un fan de la pratique !!

Dans cette prairie, nous avons planté dès la première année beaucoup d’arbres fruitiers et d’arbres tout court, pour gagner en ombre. On trouve de nombreux noisetiers, des sureaux noirs immenses, des fusains, cornouillers, viornes, églantiers géants et beaucoup de pruniers sauvages. Les arbres fruitiers sont plantés les deux premières années avec des oyas qui permettent un bon enracinement et maintiennent une humidité satisfaisante en été.






Le bord du jardin est entourée de ronciers et de fruitiers sauvages (pruniers, pommiers et cerisiers) qui régalent les insectes mais pas que, les jardiniers aussi avec les mûres, ils hébergent également toute une petite faune qui croît rapidement.








Nous avons aussi des poules dans un enclos qui aident en automne et à la fin de l’hiver à la régulation des limaces. Sorties encadrées dans le temps comme dans l’espace, impossible de les laisser saccager la biodiversité du jardin.

C’est à partir de 2019 que j’ai commencé à structurer l’espace différemment et à intégrer les concepts HORTUS à proprement parler.

La zone Tampon a été relativement facile à créer à partir de la mini forêt déjà présente. Nous avons prévu l’automne prochain de créer une autre zone dans un esprit Forêt jardin, très dense et riche en fruits comestibles : Kakis, Kiwais, petits fruits rouges…

La rosalie des Alpes, un coléoptère protégé



La prairie abrite maintenant une grande diversité de fleurs sauvages très adaptées à notre sol argileux et gorgé d’eau en hiver. Naturellement sont venus s’implanter des salsifis et carottes sauvages, des compagnons blancs, des euphorbes, des orties, des mauves, des séneçons de Jacob, de très nombreux cardères, chicorées sauvages, chardons marie, myosotis et coquelicots. J’ai planté de l’hysope, des hémérocalles, intégré de l’ail des ours, de la consoude…







Côté faune, nous avons constaté l’arrivée de très nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes. Pour notre plus grand plaisir, des hérissons sont venus hiverner dans la zone Tampon et y séjournent depuis quelques années. On rencontre aussi des couleuvres et des orvets. Je pense inscrire le jardin en refuge LPO cet automne 2021.

La zone Hotspot est la plus compliquée à mettre en œuvre dans notre environnement, elle demande quelques aménagements. Nous avons donc décidé de commencer par créer des mini zones pour l’instant dans des vieux tonneaux semi enterrés en attendant de monter une grande zone sèche riche en fleurs, nous avons trouvé le matériau drainant et le voisin qui a refait son toit nous en est gré !!

Nos 2 dernières conceptions sont de multiples pyramides de pierre et une mare. Elle a été mise en eau début 2021. Les végétaux se sont développés très rapidement et de nombreuses espèces aquatiques sont venues la peupler… j’avoue attendre avec impatience la 1ere grenouille.

D’autres envies, oui !! des zones marécageuses, un sandarium et peut être encore plus de zones fleuries…"


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